La thématique des séminaires « Education-Politique-Sociétés » à venir est

Situation de crises, ou crise de la mondialisation ? Quelles implications pour les recherches en éducation ?

En lien se trouvent différentes références et ci-dessous le projet scientifique proposés pour enclencher une réflexion devant  conduire à une production collective.

D’autres informations suivront quant à l’organisation factuelle de la prochaine séance et de la logistique associée…

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Lectures à télécharger à l’adresse : https://filesender.renater.fr/?s=download&token=f199bcdb-5a3f-476c-852f-f2af3ae01260

Projet scientifique

Situation de crises, ou crise de la mondialisation ? Quelles implications pour les recherches en éducation ?

La multiplication des crises dans lesquelles nous nous enfonçons appelle de notre part un renouvellement de nos cadres épistémologiques en vue d’une pensée globale. En effet, il parait de moins en moins concevable de séparer environnement-santé-social-économie comme le démontrent les travaux menés par exemple par le socio-anthropologue F. Keck sur les pandémies récentes et actuelle :

https://www.franceculture.fr/personne-frederic-keck.html

ou encore l’économiste Eloi Laurent, pour lequel mettre en balance la santé et l’économique est une ineptie datée épistémologiquement, et politiquement absurde :

https://www.franceculture.fr/personne-eloi-laurent.html

C’est ainsi qu’émerge, par exemple, actuellement le courant « One Health »comme approche intégrée de la santé écosystémique, environnementale et humaine (Globalization of health risks, 2011), portée notamment par B. De Sousa Santos au Brésil au travers des épistémologies du Sud ( De Sousa Santos, B. Les Epistémologies du Sud, Mouvements citoyens et polémiques autour de la science, Desclée de Brauwer, 2016); De Sousa Santos,B. The end of empire cognitif, Londres, Du Press University, 2018), ou encore par J. Descarpentries en France (Sortir dela ligne de crête, Résister, Responsabiliser, Anticiper, Coopérer, E&S, Soumis, 2020).

Ces travaux et approches résonnent avec ceux conduits par des chercheurs qui au croisement de la philosophie et de l’anthropologie interrogent le rapport nature/culture. Ces « écosophes » (voir portraits en PJ) invitent à une pensée globale qui (ré)articule savoirs et pratiques locales qui engage à repenser la territorialité à ses différentes échelles de localité.

C’est dans la même dynamique que s’inscrivent les réflexions scientifiques (SHS) de Bon et Larrère (2018) sur les implications de l’Anthropocène ou encore ceux du Géographe Lussault sur le thème « Habiter le monde » et le « Care territorial ».

De manière plus générale un état des lieux de la catégorie crise et une invitation à une bifurcation d’ampleur est largement documentée dans l’ouvrage « Bifurquer. Il n’a pas d’alternative » sous la direction de Bernard Stiegler avec le collectif Internation, Les liens qui libèrent, 2020 (4eme de couverture enPJ)

Ces crises nous incitent d’une part à réfléchir collectivement aux changements souhaitables et/ou souhaités, et à nos postures comme chercheurs (cf par exemple à ce propos les travaux de Daniel Curnier, et ceux de Barthes et Lange ; diapos ci-jointes), et d’autre part à questionner nos épistémologies.